Poèmes
Fables
Citations
Humour
Menu pour Enfants
Autres textes

Fermer Bandes dessinées

Fermer Blagues

Fermer Blagues 2

Fermer Blagues 3

Fermer Chansons

Fermer Discours

Fermer Lettres

Fermer Légendes des Fleurs

Fermer Mes poèmes

Fermer Policier

Jean de la Fontaine - Démocrite et les Abdéritains

Navigation parmi les articles du dossier "Fables de la Fontaine" Précédent
Suivant

DEMOCRITE ET LES ABDERITAINS

Fable de Jean de la Fontaine

Que j'ai toujours haï les pensers du vulgaire !
Qu'il me semble profane, injuste, et téméraire ;
Mettant de faux milieux entre la chose et lui,
Et mesurant par soi ce qu'il voit en autrui !
Le maître d'Epicure en fit l'apprentissage.
Son pays le crut fou : Petits esprits ! mais quoi ?
Aucun n'est prophète chez soi.
Ces gens étaient les fous, Démocrite le sage.
L'erreur alla si loin qu'Abdère députa
Vers Hippocrate, et l'invita,
Par lettres et par ambassade,
A venir rétablir la raison du malade.
Notre concitoyen, disaient-ils en pleurant,
Perd l'esprit : la lecture a gâté Démocrite.
Nous l'estimerions plus s'il était ignorant.
Aucun nombre, dit-il, les mondes ne limite :
Peut-être même ils sont remplis
De Démocrites infinis.
Non content de ce songe il y joint les atomes,
Enfants d'un cerveau creux, invisibles fantômes ;
Et, mesurant les cieux sans bouger d'ici-bas,
Il connaît l'univers et ne se connaît pas.
Un temps fut qu'il savait accorder les débats ;
Maintenant il parle à lui-même.
Venez, divin mortel ; sa folie est extrême.
Hippocrate n'eut pas trop de foi pour ces gens :
Cependant il partit : Et voyez, je vous prie,
Quelles rencontres dans la vie
Le sort cause ;
Hippocrate arriva dans le temps
Que celui qu'on disait n'avoir raison ni sens
Cherchait dans l'homme et dans la bête
Quel siège a la raison, soit le coeur, soit la tête.
Sous un ombrage épais, assis près d'un ruisseau,
Les labyrinthes d'un cerveau
L'occupaient. Il avait à ses pieds maint volume,
Et ne vit presque pas son ami s'avancer,
Attaché selon sa coutume.
Leur compliment fut court, ainsi qu'on peut penser.
Le sage est ménager du temps et des paroles.
Ayant donc mis à part les entretiens frivoles,
Et beaucoup raisonné sur l'homme et sur l'esprit,
Ils tombèrent sur la morale.
Il n'est pas besoin que j'étale
Tout ce que l'un et l'autre dit.
Le récit précédent suffit
Pour montrer que le peuple est juge récusable.
En quel sens est donc véritable
Ce que j'ai lu dans certain lieu,
Que sa voix est la voix de Dieu ?

Navigation parmi les articles du dossier "Fables de la Fontaine"

Date de création : 24/02/2007 @ 13:42
Dernière modification : 30/06/2012 @ 09:51
Catégorie : Jean de la Fontaine
Page lue 1432 fois



Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


Recherche



Connexion...
 Liste des membres Membres : 21

Votre pseudo :

Mot de passe :

[ Mot de passe perdu ? ]


[ Devenir membre ]


  Membre en ligne :
  Anonymes en ligne : 9

Total visites Total visites: 1223901  

Record connectés :
Record connectés :Cumulé : 251

Le 17/04/2020 @ 13:05


Webmaster - Infos
Moteurs de recherches



Google

PageRank Actuel

Calendrier
Sites Etoile-b

^ Haut ^